Article paru dans les Dernières Nouvelles d'Alsace, le samedi 09 Février 2013.

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, présente un plan de sauvegarde de la filière apicole pour 2013-2015. 40 millions d'euros provenant de fonds nationaux et européens y seront investis.

Ce plan prévoit de créer un Observatoire des résidus des pesticides dans l'alimentation de l'abeille, entend soutenir l'évolution des méthodes d'évaluation des pesticides et lancer une campagne sur le thème: "Les produits phyto-pharmaceutiques, c'est pas automatique"...

L'intention est louable. Mais ne nous y trompons pas. La cause de la surmortalité des abeilles est multifactorielle.

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Quelles sont donc les autres causes de la surmortalité des abeilles ?

Personnellement, je pense que l'on peut incriminer certaines molécules de l'industrie chimique, l'acarien Varroa, certains virus et pathologies de l'abeille, l'appauvrissement des ressources alimentaires,...

A mon avis, deux grandes causes sont à retenir (ormis les pesticides, sujet sur lequel je ne reviendrai pas).

 

  • L'acarien Varroa:

Ne minimisons pas son impact sur nos colonies. Varroa peut être vecteur d'agents pathogènes, en particulier de virus.

Il se nourrit d'hémolymphe et à donc une action spoliatrice. Ce qui provoque, entre autres, une réduction des corps gras de l'abeille, lieu de synthèse et de stockage des protéines qui ont un rôle fondamental notamment chez les abeilles d'hiver pour passer la période d'hivernage.

Des lésions alaires (ailes déformées, atrophiées voire absentes.

 

  • L'appauvrissement des ressources alimentaires:

Le problême vient du fait que ces vingt dernières années, le paysage agraire français a beacoup changé, engendrant un appauvrissement des sources d'alimentation des abeilles.

La qualité des pollens disponibles est pourtant très importante. Elle peut varier d'un pollen à l'autre, le taux de protéines pouvant se situer entre 2 et plus de 60%. Or, les carences alimentaires augmentent la sensibilité des abeilles aux herbicides et insecticides.

En l'absence de ressources polliniques variées, les larves doivent donc se contenter d'une alimentation pauvre, et vont produire des ouvrières plus petites, plus faibles et plus sensibles aux attaques des pathogènes.

 

Si l'on combine les effets des insecticides, de Varroa et de l'appauvrissement des ressources alimentaires, ont arrive déjà à un cocktail détonant pour ces pauvres abeilles.